Nouvelle-Calédonie : Grande Terre

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Localisation de la Nouvelle-Calédonie
 

Grande Terre



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Carte de la Nouvelle-Calédonie



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Vendredi 3 Octobre

Escale à Auckland



Débarquer en Nouvelle-Zélande, c'est un peu fastidieux au niveau des formalités. On doit remplir des questionnaires interminables, passer l'épreuve des rayons X puis des chiens renifleurs avec les bagages (apporter de la nourriture en Nouvelle-Zélande est archi réglementé), répondre aux questions des officiers pour l'immigration qui délivrent les visas... Lapinette a même droit à un traitement supplémentaire, elle est désignée pour une analyse bactériologique : on lui frotte un genre de papier sur ses fringues qui est ensuite examiné par une machine. Bon ça va elle est déclarée saine.

L'épreuve suivante consiste à appeler l'hôtel pour qu'ils viennent nous chercher, et se mettre d'accord sur un point de rendez-vous dans l'aéroport. Ca fait longtemps qu'on n'a pas parlé anglais et on stresse pendant presqu'une heure sans être sûrs d'attendre au bon endroit la voiture de l'hôtel. En plus de ça on gèle sur place, il fait 10 degrés avec un vent glacial, c'est-à-dire des températures qu'on avait un peu oubliées depuis quelques temps...



[Photo] Au-dessus des côtes Néo-Zélandaises


L'hôtel est peinard, pas très loin de l'aéroport dans un quartier résidentiel, mais on aimerait bien visiter Auckland. On se fait donc expliquer, tant bien que mal, le trajet à faire en bus avec les différentes correspondances pour rejoindre le centre-ville. On attend à l'arrêt de bus devant l'hôtel mais... le bus ne s'arrête pas et passe à pleine gomme. Dommage y en a à peine un par heure, comme l'aprem est déjà bien avancée avec la perte de temps à l'aéroport on décide d'abandonner la visite d'Auckland (en projetant de la faire dans quelques semaines, lors de la nouvelle escale ici entre le Vanuatu et les Îles Cook) pour se consacrer à la recherche d'un truc à manger.

Le "mieux" qu'on trouve dans le coin c'est un genre de fast food pas très engageant mais qui nous prépare des burgers et des cornets de frites bienvenus pour nos estomacs vides depuis le début de la matinée. On dévore tout ça dans la chambre d'hôtel, Lapinette est un peu malade et démarre sa nuit de bonne heure pendant que je scotche devant la télé, profitant de la première fois qu'on ait des infos depuis qu'on est partis de la maison.



[Photo] Repas équilibré dans la chambre d'hôtel



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Samedi 4 Octobre

Arrivée en Nouvelle-Calédonie et routes désertes du Grand Sud



Comme la veille, réveil très matinal pour être à l'aéroport d'Auckland de bonne heure, le vol pour Nouméa est à 8h. Petit stress quand à 15 minutes d'embarquer le vol s'affiche en "new time" sur les écrans de contrôle, et en plus sans préciser la porte. Mais tout s'arrange et on atterrit à Tountouta en Nouvelle-Calédonie (c'est l'aéroport international, qui est à environ 50 km de Nouméa) 3 heures plus tard comme prévu.



[Photo] Panique à l'aéroport d'Auckland !


Accueil chaleureux des douaniers Calédoniens, Lapinette se fait alpaguer au guichet "rien à déclarer" pour une fouille en règle de son sac, elle me désigne traitreusement comme voyageant avec elle donc j'y ai droit aussi, alors que je faisais consciencieusement la queue dans une autre file pour déclarer un simple paquet de pâtes et le reste de la bouteille de rhum Tahitien. Du coup tout y passe, du vidage de la boîte de thé au détail de chaque plaquette de médicaments de notre trousse à pharmacie. Au final une grosse demie-heure de perdue, mais pas d'ennuis.

Par contre ça se complique au comptoir de la location de voiture, ils ont pas le Berlingo qu'on leur a réservé par Internet et qui doit constituer notre spartiate hébergement de la semaine. On est surclassés en Jumper, comme on sait pas trop ce que sait mais qu'on nous assure que c'est bien plus grand on signe avant de voir la bête. Effectivement c'est la camionnette 10m3 de déménagement, le problème c'est qu'il est méchamment amoché au niveau de la porte coulissante. Le pare-brise est bien fendu aussi. Bon sur le coup ça nous fait marrer d'avoir un engin comme ça et autant de place pour dormir, donc on met le cap sur Nouméa pour faire le plein de victuailles, et surtout acheter un matelas, des duvets et un petit réchaud.



[Photo] Notre joli Jumper


On suit les indications de Gwen et Sabrina qui ont écumé le coin quelques semaines plus tôt, pour faire des grosses courses au centre commercial Kenu In de Nouméa. Au rayon camping on trouve tout ce qu'il nous faut à prix modique, Lapinette va pour chercher un caddy et s'aperçoit une fois sur le parking qu'elle est sortie comme si de rien n'était avec un duvet sous le bras... Personne lui a rien dit, elle laisse le duvet sous la voiture et revient dans le magasin où on ne prend donc finalement qu'un seul duvet, c'est toujours ça de gagné ! Sauf qu'en revenant à la voiture, le duvet piqué par Lapinette à l'insu de son plein gré a disparu. On retourne donc en racheter un deuxième, mais ça commence bien dans le coin...

Dorénavant équipés on prend la route du Grand Sud, c'est-à-dire toute la partie méridionale de la Grande Terre, au Sud de Nouméa, sans trop savoir ce qu'on va y trouver. On traverse l'agglomération que forme la capitale mais très vite la route rétrécit et il n'y a plus aucune habitation... C'est une succession de vallées aux flancs très rouges à cause de la couleur de la terre, couvertes d'arbustes qui font un peu penser au maquis Corse.



[Photo] Sur la route du Grand Sud


Après avoir longé la côte quelques kilomètres on s'enfonce dans l'intérieur, en suivant l'unique route qui traverse cette partie de l'île. On ne se doute pas trop qu'on va devoir traverser des gués, passer sur des ponts... pas bien larges pour un Citroën Jumper, et que le prochain village est à plus de 2 heures de route ! On croise de temps en temps des gros 4x4 couverts de terre rouge, ce qui nous rassure pas des masses.

On est ébahis par le désert qui s'étend à perte de vue, on pensait pas que c'était inhabité à ce point et on se demande bien où on va pouvoir dormir sans être trop isolés (on connait pas trop les moeurs locales au sujet du camping sauvage). La route gourdronnée finit par laisser la place à une simple piste, on abandonne l'idée de rejoindre Prony tout au Sud de la Grande Terre, le chemin est vraiment trop mauvais et on profite d'une bifurcation pour se diriger vers Yaté, un autre village isolé de l'autre côté de l'île sur la côte Est.



[Photo] Passage d'un gué     [Photo] Le Grand Sud     [Photo] Le Grand Sud


Une genre d'aire amenagée pour le camping est indiquée dans notre guide, mais c'est perdu au fond du maquis et pas très engageant. On continue donc jusqu'au lac de Yaté, un grand lac de barrage qui remplit plusieurs vallées. La nuit commence à tomber et on sait pas trop combien de temps il nous faut encore pour rejoindre le village de Yaté sur ces routes tordues, on préfère donc s'arrêter pour profiter du coucher de soleil sur un petit parking avec un beau point de vue sur la vallée en contrebas.

On rafistole en urgence la portière du camion par où passe beaucoup d'air, histoire de pas geler cette nuit. En plus de gros nuages s'accumulent sur les montagnes et on est pas à l'abri de bonnes averses... C'est-à-dire que l'on scotche dans tous les sens, intérieur et extérieur. C'est très moche mais au moins ça semble à peu près étanche.



[Photo] Le lac de Yaté     [Photo] Le Jumper rafistolé     [Photo] Le lac de Yaté


On se prépare un petit apéro (on a toujours notre fidèle bouteille de rhum) puis un chouette repas de raviolis sur notre réchaud flambant neuf, avant d'installer notre nid douillet dans le camion. Ca passe notamment par le gonflage à la bouche de l'énorme matelas pneumatique... On est peinards, une ou deux voitures s'arrêtent au coucher du soleil pour admirer le paysage mais à la nuit tombée c'est le silence total, pas étonnant car il n'y a absolument rien à 30 (voire 50) kilomètres à la ronde.



[Photo] Le Samedi c'est raviolis



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Dimanche 5 Octobre

Parc de la Rivière Bleue



Déluge toute la nuit, ça fait un boucan d'enfer sur le toit du camion et surtout l'eau commence à s'infiltrer par la porte latérale malgré notre réparation de fortune. On déplace les sacs, mais ça risque d'être compliqué de tenir une semaine comme ça...

Au réveil on a droit à quelques trouées de ciel bleu et un bel arc-en-ciel au-dessus du lac de Yaté, mais ça sent la bonne journée K-Way à cause des averses ! Après être montés en voiture jusqu'au col de Yaté quelques lacets plus hauts pour jeter un oeil à la vue sur la côte Est de l'île, on fait demi-tour pour revenir vers le Parc de la Rivière Bleue, de l'autre côté du lac. C'est une réserve naturelle où on peut faire de belles randos et découvrir la faune et la flore du coin.



[Photo] Le lac de Yaté     [Photo] Le lac de Yaté


On longe tout le lac, une cinquantaine de kilomètres, pour atteindre l'entrée du parc. Sur la route, autant on avait croisé un maximum de 10 voitures dans tout le Grand Sud hier, autant ce matin c'est l'affluence : il y a une grande course à pied organisée autour du lac toute la journée, la Gigawatt (en référence au barrage hydroélectrique) apparemment très populaire en Nouvelle-Calédonie. On a du bol de passer en voiture entre les points de contrôle avant qu'ils ne ferment la route...

La première partie du parc, qui s'étend sur une quarantaine de kilomètres, est accessible en voiture jusqu'à un petit pont. Ensuite une navette traverse la réserve avec des horaires bien établis, ça permet de marcher et de revenir en minibus, ou inversement. On choisit de monter dans le bus jusqu'à la forêt inondée, une vallée où l'eau retenue par le barrage a envahi la jungle ce qui donne des paysages assez curieux... Ensuite on marchera vers le fond de la réserve et on essaiera de choper une navette pour rentrer.



[Photo] La forêt inondée     [Photo] Plan du parc


Le sentier serpente dans la forêt "primaire" (la jungle) avec des panneaux explicatifs de temps en temps... On passe ainsi devant un arbre immense, le "Grand Kaori" qui est en fait un résineux du Pacifique Sud mais celui-ci est largement millénaire. On cherche à entendre, à défaut de voir, les fameux cagous qui sont les oiseaux emblèmatiques de la Nouvelle-Calédonie, sorte de pigeons bleutés qui ne volent pas et ont un cri particulier qui ressemble à un aboiement. Sans succès...



[Photo] Le Grand Kaori     [Photo] La faune du parc


Par contre on remarque plein de plantes carnivores, des droseras qui forment un genre de puits dans lequel les insectes de passage se font coincer.



[Photo] Rando dans le parc     [Photo] Un oxera     [Photo] Un drosera


On marche toute la matinée, de temps en temps on prend une bonne douche sur la tronche mais ça dure jamais très longtemps. Lapinette profite d'un bassin entre les rochers dans le torrent pour piquer une tête, par contre pour sécher ensuite c'est plutôt compliqué...

On finit par rejoindre le terminus de la navette qui nous ramène au départ, là où on a laissé le camion. On trouve un coin sympa dans le parc avant d'en sortir, pour pique-niquer et faire une petite sieste parce que la rando nous a quand même bien claqués. En fin d'aprem on met le cap sur Nouméa, afin d'en finir avec les étendues désertiques du Grand Sud dont on pense avoir fait le tour !



[Photo] Lapinette prend son bain     [Photo] Une bonne averse


Une bonne heure de route à travers les montagnes et on débarque à Nouméa, en se faisant au passage bien taxer au péage (il y a quelques kilomètres de 4 voies payante au Sud et au Nord de la capitale) à cause de la taille du Jumper. On longe la ville, qui est quand même assez étendue et couvre toute une presqu'île, jusqu'à la pointe où s'étalent deux belles plages : l'anse Vata et la fameuse baie des Citrons. C'est dimanche et un peu le souk, les gens remontent de la plage pour se faire un restau ou une glace, on se croirait presque un week-end à Lacanau ou à Biscarrosse.

On se pose sur la plage de la baie des Citrons, idéalement orientée, pour admirer un magnifique coucher de soleil... Ensuite on cherche une pizza à emporter mais comme il faut poireauter un bon moment on abandonne pour chercher un coin tranquille où poser le camion pour se faire à manger et passer la nuit.

On finit par se garer sur un grand parking désert en bord de mer, après l'anse Vata. C'est moins exceptionnel que la nuit précédente perdus dans le Grand Sud, mais on est tellement claqués de la journée qu'on en fait pas un plat... Dodo de bonne heure donc, sans même aller se faire une glace sur le front de mer un peu plus loin.



[Photo] Coucher de soleil sur la baie des Citrons     [Photo] Coucher de soleil sur la baie des Citrons     [Photo] Le Dimanche c'est pâtes bolo



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Lundi 6 Octobre

Nouméa



On se réveille avec le lever du soleil après une bonne nuit sans problème sur le parking. On part en camion vers la baie des Citrons, arrêt pour piquer une tête et se laver (pour la première fois depuis Auckland, hum) sous la douche de la plage. Un nageur matinal nous dit de faire gaffe qu'il vient de voir un banc de raies (venimeuses ?), du coup je plonge avec masque et tuba mais sans voir grand chose et surtout pas les raies, les fonds sableux sont bien moins poissonneux que les rochers.

Direction ensuite le centre-ville pour prendre le petit-déjeuner et trouver l'agence d'Air Calédonie qui doit nous fournir les billets pour les îles. Le pain-beurre-confiture du café (le "Pandanus", on était obligés de s'y arrêter...) où on se pose sur la place des Cocotiers nous met d'attaque pour la journée, mais y a pas grand chose à faire en ville... On achète le journal pour suivre un peu l'actualité en France mais c'est tout juste s'il y a une demie-page sur les nouvelles internationales ! Par contre on y apprend de croustillants détails sur la piraterie au Vanuatu, en pleine recrudescence (des mecs se sont faits choper en train de pêcher le requin avec les têtes des plaisanciers qu'ils venaient d'attaquer...). Glurps, on y va dans une dizaine de jours. Pas pour faire du bateau, mais bon quand même...



[Photo] La place des Cocotiers     [Photo] La place des Cocotiers


On fait un tour sur un des ports de plaisance de Nouméa puis on se décide pour acheter un pique-nique et prendre un bateau pour l'îlot Canard, une petite île déserte en face de l'anse Vata réputée pour la plongée avec masque et tuba.

Sur le chemin de l'anse Vata d'où partent les bateaux-taxis, on s'arrête à l'agence Europcar pour voir si on peut changer de voiture, on en a marre du Jumper défoncé et dont on s'est aperçus qu'en plus de fuir du toit il ne fermait pas à clé, ce qui nous rassure pas vraiment pour dormir dedans au milieu de la brousse (vers où on pense mettre le cap ce soir). Dans un premier temps ils nous l'échangent contre le même modèle en bon état, mais se ravisent vu qu'ils récupèrent dans l'aprem le Berlingo qu'on aurait dû avoir dès le départ et voudraient nous le filer. Comme c'est quand même plus discret que le camion et moins lourd à conduire, on signe sans faire d'esclandre pour prendre le Berlingo dans l'après-midi, en revenant de l'îlôt.



[Photo] Le port de la Moselle


On accoste sur l'îlot après quelques minutes de bateau-taxi, une petite plage de corail mort fait le tour de l'île, et il y a un "sentier sous-marin" qui relie des bouées ancrées jusqu'à une centaine de mètres du bord avec des panneaux d'explication sur les poissons rencontrés. A peine les serviettes posées, on voit au bord de l'eau un serpent blanc et noir qui se balade : un "tricot rayé". Ces salopards sont réputés dangereux (c'est-à-dire que leur venin est aussi puissant que celui du cobra) et en plus de ça parfaitement amphibies, faut faire autant gaffe en marchant sur la plage qu'en nageant dans le lagon...
Bon comme c'est la fournaise, ça nous empêche pas d'aller dans l'eau un peu plus loin !



             [Photo] Sur l'îlot Canard     [Photo] Un tricot rayé


Le sentier sous-marin est sympa, sans aller trop loin on croise déjà des sacrément gros poissons qui tournent autour des patates de corail. Manque de bol dans la précipitation pour choper le bateau, j'ai oublié le caisson étanche dans la voiture donc on ne ramène pas de cliché sous-marin de ce coin-là. En plus des poissons j'aurais d'ailleurs pu prendre en photo un grand serpent tout noir, beaucoup plus long mais nettement moins agressif (ou simplement curieux ?) que le tricot rayé que je recroise d'ailleurs en revenant vers la plage. Ce petit nerveux me fonce dessus sous l'eau en se tortillant, je met la gomme jusqu'au rivage sans me retourner...

Pique-nique à l'ombre d'un arbuste, plusieurs plongées, et puis on reprend un bateau-taxi (y a des navettes toute la journée) pour revenir à Nouméa. Le vent s'est levé dans la baie où les planchistes arrivent en masse, ça a tout l'air d'être le sport du coin. Une fois à terre c'est le même genre d'étalage que sur les parkings du Médoc : des vans aménagés et des planches partout, sauf qu'ici le matos standard dans le coffre comporte en plus un volumineux panaché de voiles.



[Photo] Planchiste sur l'anse Vata     [Photo] Nouméa vue de l'îlot Canard            


On récupère le Berlingo chez Europcar, bien sûr ça nous semble petit par rapport au camion mais c'est quand même plus tranquille à conduire et en plus il est tout neuf, pas de risque de fuite. La tête sidérée du mec de la location quand il nous a vu tranvaser le contenu du coffre du Jumper dans le Berlingo (matelas gonflé, duvets, sacs de bouffe...) sur son parking restera un grand moment !

On part donc direction le Nord de la Grande Terre, avec pour objectif de monter par la côte Ouest et de redescendre par la côte Est, le tout en 6 jours (on prend l'avion pour l'île des Pins Dimanche prochain au matin) et avec une autorisation kilomètrique au plus juste pour la voiture de location (900 km, sachant que la pointe Nord de l'île est à presque 400 bornes de Nouméa).



[Photo] Notre collection de cartes IGN


On espère atteindre Bourail à environ 200 kilomètres avant la nuit, pour se poser au camping en bord de lagon que nous ont conseillé Gwen et Sabrina. Sur la route, une fois passé l'aéroport de Tontouta 50 kilomètres au Nord de Nouméa, il n'y a plus grand chose... Des collines couvertes de prairies, aucune habitation en dehors des villages très espacés les uns des autres, avec pour seuls commerces une épicerie et une station-service. On voit des panneaux surréalistes : "prochain village à 50 km" !





Finalement on arrive au coucher du soleil à Bourail, on décide de se passer du camping pour ce soir et de dormir au bord de la mer sur la plage de la Roche Percée, une chouette baie entourée par des falaises. Il y a quelques maisons de l'autre côté de la route qui longe la plage, mais le coin est tranquille car c'est un cul de sac (la route principale est bien plus loin, à Bourail, à 15 kilomètres d'ici).



             [Photo] Coucher de soleil sur la plage de la Roche Percée     [Photo] Coucher de soleil sur la plage de la Roche Percée


Les moustiques s'invitent en masse au repas malgré les répulsifs à haute dose sur le corps et les fringues, donc on s'éternise pas sur la plage et on se réfugie dans le coffre de la voiture, qu'on a bien du mal à aménager... Faut empiler les sacs de vêtements, les sacs de nourriture et les affaires de plongée sur les sièges avant jusqu'au plafond. On s'aperçoit que la version utilitaire du Berlingo est en fait plus petite que mon Partner, il y a une plaque métallique de séparation derrière les sièges qui raccourcit un peu le coffre, c'est suffisant pour ne plus tenir en longueur une fois allongés, il faut se mettre très en biais...

On s'endort quand même, en priant pour trouver un bungalow à louer au camping demain sinon la suite risque d'être compliquée !



[Photo] Lapinette teste le Berlingo



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Mardi 7 Octobre

Sentier des Trois Baies et camping de Poé



Le réveil après la nuit dans le Berlingo est... Douloureux ! Pas mal de courbatures d'avoir dormi un peu tordus. Pendant que l'eau pour le café bouillonne sur le réchaud, Lapinette va courageusement sous la douche froide qui est construite de l'autre côté de la route, belle motivation car le soleil est à peine levé. On se rend compte qu'on a en fait dormi à quelques mètres d'un panneau "risque de tsunami" qu'on avait pas vu hier soir. Ah, tiens...



[Photo] Lapinette sous la douche glacée     [Photo] Risque de tsunami !            


On s'équipe ensuite pour une petite rando dans le coin, le Lonely Planet mentionne un sentier qui longe la côte pour atteindre des criques isolées : le sentier des Trois Baies (baie de la Roche Percée, baie des Tortues, baie des Amoureux). Faut déjà trouver le départ, contre toute attente le chemin débute au pied de la falaise et monte très raide jusqu'en haut en lacets serrés à travers les arbustes qui s'accrochent on sait pas trop comment vu la pente.

Du haut de la falaise on a un panorama complet sur la côte, la magnifique baie des Tortues vers où le sentier se dirige d'un côté, et de l'autre côté la grande plage de la Roche Percée d'où l'on vient. Et puis partout en face l'immense lagon, plus profond donc plus sombre qu'en Polynésie, avec la barrière de corail que l'on devine au loin.



             [Photo] La baie des Tortues     [Photo] La plage de la Roche Percée


Le sentier est vraiment sympa, descend jusqu'à la petite plage de la baie des Tortues puis remonte de l'autre côté. On souffre pas trop de la chaleur sous les grands araucarias qui bordent la baie, les pins typiques de l'hémisphère Sud et particulièrement de la Nouvelle-Calédonie.

A propos des tortues (elles viennent pondre dans le coin tous les ans à la même époque), on en aperçoit plusieurs du haut de la falaise suivante, à quelques mètres du bord. On a pas pris les masques parce que la baie était indiquée comme potentiellement dangereuse à cause des courants, mais à voir l'absence totale de houle, l'eau translucide et les tortues on s'en veut un peu... On se note donc une plongée ici dans les trucs à faire dans le secteur, et comme vraisemblablement on va rester posés quelques jours dans le coin ça n'est que partie remise à demain.

Le chemin redescend une dernière fois jusqu'à la baie des Amoureux, des toiles d'araignées bien grassouillettes barrent un peu le passage mais bon on se faufile. La plage en bas est déserte (en fait on a croisé absolument personne depuis ce matin) et très dans le style "Robinson Crusoë". Par contre pour plonger c'est plus compliqué, un plateau de corail à fleur d'eau couvre la petite baie rendant la baignade impossible. C'est le terminus du sentier, donc on repart en sens inverse pour revenir à la plage de la Roche Percée.



[Photo] La baie des Tortues     [Photo] Les araucarias de la baie des Tortues     [Photo] La baie des Amoureux     [Photo] La baie des Amoureux


On revient de la rando en milieu de matinée (les journées commencent tôt ici...), direction ensuite le camping de Poé à une dizaine de kilomètres en longeant la côte, pour voir ce qu'ils ont à nous proposer. En fait ils ont des bungalows tout simples (c'est-à-dire un abri de jardin sur une dalle de béton) mais ça nous convient parfaitement pour une ou deux nuits, histoire de mieux dormir que dans le Berlingo. Le camping est désert et notre cabane est juste en bord de plage, le lagon a l'air chouette, y a des douches chaudes pour le soir, bref c'est le pied.

Lapinette constate par contre qu'elle est la cible privilégiée des bestioles qui piquent, araignées ou moustiques on sait pas trop mais en tout cas ils se sont faits plaisir...



             [Photo] Au camping de Poé     [Photo] Lapinette s'est faite bouffer...


On explore le lagon l'aprem, bon au bord et à marée basse c'est vraiment pas très profond mais on trouve un genre de petit chenal qui nous permet de rejoindre le milieu du lagon à la nage (enfin bon dans 60cm d'eau à la place de 20). L'eau est bouillante, forcément ça tape toute la journée sur une étendue d'eau peu profonde, sûrement bien plus de 30 degrés, à tel point qu'on ressort de la plongée en sueur.

Sous l'eau, pas le courage pour l'instant d'aller jusqu'à la barrière de corail qui est vraiment loin mais où les fonds doivent être sympas, donc on se contente de sable avec des petits bouquets de corail par endroits, farouchement défendus par leurs propriétaires sous-marins, généralement une famille de poissons-demoiselles blancs et noirs.



[Photo] Le lagon de Poé     [Photo] Dans le lagon de Poé     [Photo] Un poisson-demoiselle


Coucher de soleil le soir sur la plage de Poé, les couleurs sont assez extraordinaires. En tout cas on en avait rarement vu d'aussi chouettes !



[Photo] Coucher de soleil à Poé     [Photo] Coucher de soleil à Poé     [Photo] Coucher de soleil à Poé


Apéro 3 étoiles devant le bungalow (parce qu'on a une table, quel changement !) avec la mer en face. Du côté de l'approvisionnement en nourriture heureusement qu'on a du stock de conserves car c'est pas dans le secteur qu'on va trouver grand chose. Poé est bien un tout petit village mais il faut retourner jusqu'à Bourail dans les terres pour trouver un commerce. Tout juste le gérant du camping nous a promis une baguette et des croissants frais demain matin à l'accueil. En attendant, ce soir c'est repas gourmet de chez William Saurin : quenelles et pâtes !

On partage notre festin avec une colonie impressionnante de geckos, ils sont une dizaine à profiter de l'aubaine de la lampe extérieure qui attire tous les insectes du coin. Mais on s'est plutôt bien habitués à ces petits affamés que l'on retrouve absolument partout depuis qu'on est dans le Pacifique, à l'extérieur et à l'intérieur des bungalows...



[Photo] Apéro devant le bungalow     [Photo] La famille Gecko



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Mercredi 8 Octobre

Baie des Tortues et lagon de Poé



Une vraie bonne nuit dans le bungalow, sans devoir faire des étirements au réveil ! On se sent plutôt bien ici, il fait un super temps, donc on décide de passer la journée dans le coin sans trop bouger avec la voiture, et on reporte à demain la poursuite vers le Nord du tour de la Grande Terre. Et en plus comme promis par le gérant on a des croissants et du pain frais pour le petit-déjeuner...

On embarque un pique-nique dans les sacs, les affaires de plongée, et on retourne à la baie des Tortues qui nous avait semblé hier très prometteuse pour piquer une tête entre les rochers. Après avoir repris le petit sentier, on débarque dans la crique aussi déserte que la veille, Lapinette est déchaînée car la marée haute a déposé sur la plage des coquillages magnifiques (des porcelaines comme on trouve parfois en Bretagne, sauf que là elles sont bien plus belles et bien plus grosses).

Pendant ce temps je pars en exploration sous l'eau, y a pas plus de houle qu'hier donc c'est pas trop dangereux. C'est plutôt décevant, de gros rochers sans corail, pas très poissoneux et surtout pas de tortues alors qu'on en avait aperçu depuis le haut du sentier. Mais le cadre reste assez exceptionnel, cette petite plage de sable fin entourée par les falaises et avec ses araucarias penchés vaut vraiment le détour !



[Photo] La grande baie de Gouaro     [Photo] La baie des Tortues     [Photo] Plongée dans la baie des Tortues    


Après le pique-nique sur la plage en jonglant avec l'ombre longiligne des grands pins pour pas cramer sur place, on rentre au camping pour se poser peinards. Deux scènes insolites : un troupeau de vaches au milieu des cocotiers au bord de la route, puis un troupeau de gendarmes à l'entrainement qui s'ébattent au milieu du lagon, ça ressemble plus à une colonie de vacances. Leur boulot doit être dur dans le coin...



[Photo] Les vaches au milieu des cocotiers     [Photo] Les gendarmes en exercice !    


On se lance ensuite dans la traversée du lagon devant le camping à la nage, pour atteindre la barrière de corail et explorer le récif avec le masque. Bien sûr du bord on voit bien que c'est loin, mais en fait c'est vraiment très loin ! Il nous faut une bonne demie-heure, et avec les palmes, pour arriver aux premières patates de corail. A vue de nez on a fait plus d'un kilomètre, et faudra revenir ensuite... Heureusement, on a pied quasiment partout dans le lagon (la profondeur dépasse rarement 1m50) pour faire des pauses.

Sur le long trajet y a pas grand chose, l'eau est chaude et transparente et c'est du sable blanc, mais à perte de vue sur un kilomètre ça finit par devenir monotone. J'espère croiser une raie, elles aiment ce genre d'étendue sablonneuse, mais sans succès... On retrouve quand même ces excités de poissons-demoiselles qui montent la garde autour de leurs branches de corail, ces tarés vont jusqu'à foncer dans la vitre de nos masques ou dans l'objectif de l'appareil photo !



[Photo] La plage de Poé vue depuis la barrière de corail     [Photo] Un bouquet de corail, résidence de luxe pour poissons-demoiselles     [Photo] Une famille de poissons-demoiselles excités    


Une fois arrivés au récif de corail on regrette pas le déplacement, les couleurs sont super belles, la visibilité hallucinante et contrairement au fond sableux du lagon qu'on vient de traverser ça grouille de poissons multicolores. On fait quand même gaffe où on met les pieds, même avec les palmes, parce que y a pas mal d'oursins et surtout des cônes, un genre de coquillage allongé avec un dard qui balance un venin mortel...



[Photo] La barrière de corail     [Photo] Lapinette contre les poissons-demoiselles

[Photo] En plongée sur la barrière de corail     [Photo] La barrière de corail     [Photo] Un plateau de corail;


Balade au bord du lagon au coucher du soleil en pensant arriver jusqu'au village de Poé, mais la plage est en fait interminable et on y est jamais arrivés avant la nuit... Pour le repas du soir on poursuit notre dégustation de boîtes de conserve, aujourd'hui c'est choucroute royale !



[Photo] Coucher de soleil à Poé     [Photo] Coucher de soleil à Poé     [Photo] Choucroute party !



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Jeudi 9 Octobre

Hienghène



Aujourd'hui, c'est direction le Nord de la Grande Terre, sans doute de l'autre côté sur la côte Est. On range donc la cabane de bonne heure, et on s'autorise un rapide crochet par notre baie des Tortues préférée pour la cueillette de coquillages apportés par la marée du jour...



[Photo] La baie des Tortues vue de la plage de la Roche Percée


Il faut ensuite revenir sur Bourail un peu dans les terres pour récupérer la route principale. On se tape alors une bonne centaine de kilomètres assez monotones et déserts jusqu'à Koné, au milieu des collines et des troupeaux de bétail. En plus on est déçus de pas voir de cowboys comme on nous l'avait promis dans cette région, où on trouve d'ailleurs d'immenses propriétés appartenant aux éleveurs... Le sport local ici c'est le rodéo, mais y en a pas d'organisé lors de notre passage !

A Koné on bifurque pour s'engager dans les montagnes et traverser l'île jusqu'à la côte Est, par la "Koné-Touho" (c'est le nom de la route). En fait on tronque notre tour de la Nouvelle-Calédonie puisqu'on ne va pas jusqu'à la pointe Nord de l'île, qui est encore à plus de 100 kilomètres après Koné, parce qu'on est pas sûrs du tout d'avoir assez d'autonomie kilomètrique au final, en rapport avec le forfait qu'on a pris avec l'agence de location de voitures. Et vu la monotonie des paysages dans le coin, on fait donc l'impasse sur la côte Nord-Ouest.





Il y a une bonne heure de route sinueuse pour traverser la chaîne de montagnes, avec de chouettes points de vue d'où on aperçoit parfois le lagon turquoise dans le lointain. Des "tribus" (autrement dit des petits villages aux cases en bois) sont situées le long de la route qui longe des torrents et traverse le maquis (des arbustes odorants au bois très clair, les niaoulis), la jungle ou des forêts de pins suivant l'altitude.



[Photo] Entre Koné et Touho     [Photo] Entre Koné et Touho     [Photo] Entre Koné et Touho            


On rejoint la côte Est un peu avant la ville de Touho à l'embouchure d'une rivière, la Tiwaka. Ca ne ressemble pas du tout aux collines sèches et herbeuses de la côte Ouest, ici les cocotiers et la jungle sont omniprésents. D'ailleurs il fait nettement plus humide et on a droit à quelques gouttes de pluie de temps en temps... Pas plus de monde que de l'autre côté, on pique-nique sur une petite plage absolument déserte au bord du lagon. On est ici en terre Kanak (les habitants de Nouvelle-Calédonie d'origine Mélanésienne, à la peau sombre, par opposition aux Caldoches, les habitants à la peau blanche d'origine Européenne implantés depuis plusieurs générations et qui sont implantés en grande partie de l'autre côté de l'île, sur la côte Ouest).



             [Photo] L'embouchure de la rivière Tiwaka     [Photo] La côte Est vers Touho     [Photo] La côte Est vers Touho


Il y a ensuite une petite cinquantaine de kilomètres le long de la côte pour rejoindre Hienghène, un peu plus au Nord. Sur la route, un peu avant d'arriver, on longe les falaises de Lindéralique, des gros rochers noirs (basaltiques) qui dénotent dans le paysage des mers du Sud... Cette barrière rocheuse isole la mangrove du lagon, et est apparemment un hébergement de luxe pour les chauves-souris aux grandes oreilles si l'on en croit les panneaux indicateurs !



[Photo] Les falaises de Lindéralique     [Photo] Les chauves-souris locales


La route débouche sur la baie de Hienghène quelques kilomètres plus loin, impossible de rater les deux fameux rochers plantés au milieu de la baie : la Poule et le Sphinx. Le village de Hienghène est de l'autre côté de la baie, après l'embouchure de la rivière. Vue la renommée de ce coin on s'attendait à trouver une petite ville, mais c'est en fait réduit à quelques petits commerces regroupés autour du quai...

C'est pas gagné, on ne sait même pas où dormir ce soir (d'ailleurs à la radio on entend en boucle Amy Macdonald et son tube de circonstance This Is The Life où elle chante en boucle "where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight" qui devient notre refrain favori) et puis on est pas trop chauds pour se poser avec la voiture n'importe où, ne sachant pas trop à quoi s'attendre avec les tribus. Du coup on se pose un peu sur la plage de sable noir pour aviser...



[Photo] La Poule de Hienghène     [Photo] Sur la plage de Hienghène


Un peu dépités par ce coin que l'on pensait plus animé et par le temps bien moins agréable que sur la côte Ouest, on hésite un moment à y retourner sans trainer ici... Mais bon on finit par parier sur la côte Est demain, on la longera vers le Sud et on verra bien. En attendant faut réflechir où dormir ce soir, on opte pour la tribu de Lindéralique un peu avant Hienghène, sans trop savoir ce qu'on va trouver.

On s'engage donc sur une petite route qui nous y mène, au bord du lagon et au milieu des cocotiers. Des habitants mettent leur jardin à disposition pour camper moyennant une somme modique, on opte pour un terrain en bord de mer avec des tables de jardin où le gars est d'accord pour qu'on y pose le Berlingo pour la nuit. C'est d'ailleurs chez ce même Kanak que se trouvent l'entrée des grottes de Lindéralique que l'on voulait visiter...



             [Photo] Les falaises de Lindéralique     [Photo] Un petit pont sur le lagon     [Photo] Une case dans la tribu de Lindéralique


On gare donc la voiture sur le terrain, au bord de la plage, et on part pour l'exploration des grottes. En fait ce sont des galeries qui s'enfoncent à travers la falaise et débouchent de l'autre côté, sur la mangrove. Les chauves-souris voltigent un peu partout, elles habitent au plafond et en se baladant dans les galeries on les empêche de pioncer...



[Photo] L'entrée des grottes de Lindéralique     [Photo] Dans les grottes     [Photo] Les chauves-souris            


Après les grottes on fait un petit tour dans la tribu, ce qui nous permet de passer devant une maison qui fait table d'hôtes (c'est marqué dessus...), le proprio est là donc on lui demande si on peut débarquer ce soir pour manger. Apparemment il est surpris, il n'avait pas prévu d'ouvrir ce soir mais comme il peut nous préparer un bougna et que c'est exactement ce qu'on voulait goûter, on réserve pour manger chez lui après être retournés se reposer un peu sur la plage devant devant le terrain de camping.



             [Photo] Une case dans la tribu de Lindéralique     [Photo] Sieste sur la plage     [Photo] Le camping


Quand on arrive au restau le soir, après 500 mètres dans le noir total car bien sur il n'y a pas d'éclairage ici, on constate qu'effectivement le proprio a ouvert rien que pour nous, notre table est prête et fleurie, ça sent la bonne soirée ! C'est un genre de terrasse couverte par des feuilles de palmier ou de pandanus. Quand il amène le bougna, c'est à une pleine cocotte-minute de légumes (igname et manioc) et de morceaux de poulets qu'on a droit, le tout baignant dans du lait de coco et enroulé dans des feuilles de bananier. Et on avait eu une entrée avant...

C'est un délice et en plus on a une bonne bouteille de vin, mais c'est très bourratif et on atteint pas la moitié de la cocotte avant d'être complètement calés... Mais on aura goûté au fameux bougna de Nouvelle-Calédonie, fallait pas repartir sans l'avoir fait. Le dessert est en plus très sympa parce que le proprio, un vieux Kanak, vient discuter pendant qu'on déguste ses glaces à la noix de coco, dans un français déformé mais à peu près compréhensible ! On repart même avec des bières dans un sac, celles qu'on avait sur la table (en plus de la bouteille de vin et d'une grande de jus de fruit !) et qu'il a tenu à ce qu'on emmène.




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Vendredi 10 Octobre

Descente le long de la côte Est et retour à Bourail



Comme la première fois, la nuit dans le Berlingo laisse des courbatures tenaces au réveil. Le ciel est encore tout gris aujourd'hui, on part du camping pour retourner à Hienghène chercher du pain, qu'on dévore finalement pour le petit-dej faute de trouver un café ou quelque chose d'équivalent dans le village. La tête pas réveillée, avec le réchaud aux pieds et assis sur un banc sur la place du village, on en prend un petit coup au moral en se sentant un peu des âmes de vagabonds !



[Photo] Tristounet petit-déjeuner à Hienghène


On décide de prendre la journée pour revenir de l'autre côté de l'île, sauf coin paradisiaque sur la côte Est auquel on ne croit pas trop. Comme on doit être à Nouméa demain soir, ça nous rapproche.





On va donc longer la côte vers le Sud puis bifurquer à travers les montagnes pour rejoindre l'autre côté de l'île. Avant de prendre la route, dernière petite pause panorama au-dessus de Hienghène et de la baie...



[Photo] La poule de Hienghène     [Photo] La baie de Hienghène


On repasse par Touho, où on était arrivés en provenance de la côte Ouest la veille par la route traversière, puis après une cinquantaine de kilomètres de route côtière avec des beaux points de vue sur le lagon on débarque à Poindimié. Depuis Hienghène tous les conducteurs de voiture ou presque se saluent avec un petit geste de la main quand ils se croisent, on a très vite pris part au rituel ! Dans chaque tribu le long de la route on passe devant des étalages en face de presque chaque case, où des gros coquillages du lagon sont vendus, avec une petite boîte à côté pour y laisser l'argent. On hésite devant plusieurs mais le souvenir des douaniers tatillons de l'aéroport nous dissuade d'en rapporter...



[Photo] Point de vue entre Touho et Poindimié     [Photo] Point de vue entre Touho et Poindimié     [Photo] Des coquillages à vendre


A Poindimié on est un peu surpris par l'ambiance qui règne dans la (petite) ville. Un peu partout les locaux (tous avec des dreadlocks !) sont regroupés pour picoler des quantités hallucinantes de canettes de bières, la plupart sont complètement faits. Et il est 10h du matin... Beaucoup fument, et pas du tabac. Des drapeaux de la Kanaky (le nom donné à la Nouvelle-Calédonie par les indépendantistes) sont accrochés un peu partout, on se sent moyennement à l'aise au milieu de tout ça mais il nous faut quelques courses pour avoir de quoi manger jusqu'à demain soir, ravitaillement que l'on effectue dans un petit supermarché du centre-ville.

Il y a une grande plage de sable un peu au Nord de la ville, mais le temps gris et le vent dissuadent de la moindre baignade. On continue donc notre route le long de la côte, toujours en descendant vers le Sud...



[Photo] Sur la plage de Poindimié     [Photo] Sur la plage de Poindimié


Passé Poindimié, la côte devient plus sauvage et peu fréquentée (déjà qu'elle ne l'était pas beaucoup). On s'arrête de temps en temps quand on voit une plage accessible pour se dégourdir un peu les jambes sous les cocotiers, en faisant gaffe aux noix de coco qui tombent vu le vent qui souffle maintenant en tempête.

Les tribus se succèdent les unes aux autres, leur entrée est indiquée par des panneaux en bois sculpté sur lesquels sont écrits leur nom dans le dialecte Kanak de la tribu, ainsi que leur nom français. On rigole bien en voyant certaines traductions...



[Photo] Sur une plage déserte     [Photo] Une plage déserte     [Photo] Un panneau d'entrée de tribu


Le temps ne s'améliore pas pour se poser quelque part dans le coin, donc on se décide à rejoindre sans plus s'attarder la côte Ouest où on s'attend à un climat nettement plus agréable comme on a eu il y a quelques jours là-bas. D'autant plus que les villages traversés ne sont toujours pas très accueillants, à Ponérihouen sans rien y comprendre on se fait regarder de travers par les locaux quand on passe en voiture.

On s'engage sur la route traversière à Houaïlou (on a parcouru un peu moins de 150 kilomètres depuis le départ de Hienghène ce matin), qui rejoint Bourail, la côte Ouest et la Province Sud par le col des Roussettes. Ce sont les mêmes genres de paysages que sur la route qui traverse l'île de Koné à Touho que l'on a empruntée la veille, des vallées recouvertes par la jungle avec des fougères arborescentes un peu partout... On s'arrête sur une aire aménagée au bord de cette route pour pique-niquer.

Une fois passé le col qui sépare les deux versants de l'île, comme on l'espérait le ciel est tout dégagé. Arrivée à Bourail en milieu d'après-midi, petit crochet par la baie des Tortues où de sacrées vagues rendent la baignade au milieu des rochers absolument impossible. On va se poser avec le Berlingo à notre coin favori où l'on a dormi il y a quelques jours, sur la plage de la Roche Percée.



[Photo] La plage de la Roche Percée     [Photo] La plage de la Roche Percée


Ici aussi il y a de belles vagues qui cassent sur le bord, je pique une tête en faisant aussi gaffe que sur une plage des Landes. Lapinette en profite pour se reposer dans notre hébergement sur le front de mer avec vue imprenable...



[Photo] La plage de la Roche Percée     [Photo] Notre hébergement avec vue sur mer


Revenus du bon côté de l'île pour les couchers de soleil, on a encore droit ici à des couleurs vraiment magiques qui embrasent la baie. On savoure nos despés (plus de rhum de Tahiti !) devant le spectacle, auquel sont apparemment venus assister également tous les moustiques du secteur. Repas sur le sable à la lumière de la lampe torche, petite balade digestive dans la nuit et retour au Berlingo pour une nouvelle nuit à l'arrache dans la nature...



             [Photo] Une danseuse Tahitienne en Nouvelle-Calédonie !     [Photo] Apéro !

[Photo] Coucher de soleil sur la plage de la Roche Percée     [Photo] Coucher de soleil sur la plage de la Roche Percée            



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Samedi 11 Octobre

Retour à Nouméa : Mac Do et aquarium



Après une nuit tranquille garés sur la plage de la Roche Percée, le petit déjeuner sur le sable et un petit tour à la baie des Tortues pour la rituelle cueillette de coquillages, on reprend la route de Nouméa pour y passer la journée et faire quelques achats de souvenirs. Il y a environ 2 heures de route, on arrive dans le centre-ville en fin de matinée. Balade vers la place des Cocotiers où sont regroupés les petits marchands, mais rien d'exceptionnel à ramener... On achète quand même un chouette paréo.

Comme il est midi on se jette sur le Mac Do du centre-ville qu'on se rêvait depuis quelques jours à cause du régime boîtes de thon et pâtes bolo qui finit par lasser. Des frites bien grasses, de bons gros steacks, on s'empiffre assis sur un banc en face des bateaux amarrés au port et sous l'oeil un peu dédaigneux des plaisanciers sur le pont de leur catamaran de luxe. On s'en fout royalement. Le vent souffle en tempête, on retourne sur l'anse Vata où les planchistes ont envahi le parking et la baie...



[Photo] Planches à voile au taquet sur l'anse Vata


On se réfugie dans l'aquarium de Nouméa, dédié aux habitants des lagons. Comme ça on va pouvoir mettre un nom sur tous les poissons qu'on croise depuis le début... On retrouve effectivement des visages qui ne nous sont pas inconnus, on s'aperçoit même que parmi tous les locataires de l'aquarium y en a finalement assez peu que l'on a pas encore croisés dans leur milieu naturel.

Une chouette visite de quelques heures, on tombe même dans le créneau de nourrissage des requins, mais qui doivent déjà être bien rassasiés vu le peu de motivation qu'ils mettent à bouffer les poissons qui leurs sont tendus au bout d'un bras téléscopique. Le bassin où cohabitent tortues, gros requins et l'énorme poisson-napoléon (avec sa bosse sur le front) nous paraît quand même bien exigü pour tout ce monde... On préfère les voir en liberté.



[Photo] L'aquarium de Nouméa     [Photo] L'aquarium de Nouméa

[Photo] L'aquarium de Nouméa     [Photo] L'aquarium de Nouméa     [Photo] L'aquarium de Nouméa


Dehors le vent souffle toujours autant, on préfère donc chercher un hôtel pour la nuit que de se geler sur la plage jusqu'au soir puis de dormir dans le Berlingo dont on a franchement ras le bol comme espace de vie. On trouve un motel très honnête bien placé entre l'anse Vata et la route de l'aéroport de Magenta (celui pour les vols intérieurs) d'où on doit partir demain matin pour l'île des Pins. En plus le patron nous fait un prix parce que la porte de la chambre est un peu chiante à ouvrir, mais ça nous va.



[Photo] L'anse Vata


En plus d'un vrai grand lit (après une semaine de matelas pneumatique, ouf), on dispose d'une salle de bain et d'une cuisine équipée. On ressort donc écumer le supermarché en bas de la rue pour se faire un vrai gros repas devant la télé. Finalement on trouve pas grand chose, ça sera nems et riz cantonais devant la Star Ac' en différé. On passe la soirée à refaire les sacs pour l'avion demain, qui sont devenus un énorme foutoir après la semaine dans la voiture à tout empiler n'importe comment...



[Photo] Notre chambre d'hôtel où c'est déjà le souk complet