Vanuatu : Efate

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Localisation du Vanuatu
 

Efate



19/10
20/10
21/10
22/10
Carte du Vanuatu



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Dimanche 19 Octobre

Retour à Nouméa et faux départ pour le Vanuatu



Dernier petit dej à Ouvéa, dans la case car on a plus un centime pour se le faire préparer au gîte. L'avion décolle à 10h, la fille des proprios doit nous emmener une heure avant. En bouclant les sacs on s'aperçoit qu'on avait une colocataire de charme pour la nuit, une araignée très laide et grande comme une main. On s'en va sur la pointe des pieds...



[Photo] Petit-déjeuner au bungalow     [Photo] Une colocataire


Quelques photos du gîte Cocotier et de notre petite case avant de partir...



[Photo] Le gîte Cocotier     [Photo] Le gîte Cocotier     [Photo] Le gîte Cocotier            


Sueur froide au moment de règler la note, on avait pas tenu compte de la taxe de séjour pour nos estimations budgétaires. Et ce petit surplus imprévu est assez ennuyeux car on avait calculé au plus juste nos dépenses en fonction de notre tirelire en espèces, seul moyen de paiement dans le coin. Heureusement on retrouve au fond d'un sac quelques pièces qui nous sauvent la mise, mais on repart d'Ouvéa complètement fauchés, avec l'équivalent de 50 centimes en poche !

Comme on est prêts un peu en avance, ça nous laisse le temps pour un petit tour sur la plage devant le gîte et s'en mettre une dernière fois plein les yeux !



             [Photo] La plage de Mouli     [Photo] La plage de Mouli     [Photo] La plage de Mouli


L'avion pour Nouméa est quasiment vide, et pour la première fois depuis le début du voyage on est un peu secoués dans les nuages, et surtout à l'atterrissage à l'aéroport de Magenta qui est en bord de mer et où le vent souffle plein pot. Normalement une voiture de location réservée nous attend chez Europcar, avec laquelle on doit rejoindre l'aéroport international à Tontouta 50 kilomètres au Nord de Nouméa d'ici ce soir pour s'envoler pour le Vanuatu... Mais problème, l'agence est fermée alors que même si l'on est Dimanche il devait y avoir quelqu'un pour nous filer les clés.

Panique à bord quand on relit le papier de la réservation : elle est pour le 19 Septembre, pas le 19 Octobre... Conséquence de changements de date successifs pour le jour de location de cette voiture, lorsqu'on a organisé tout ça depuis la métropole... Coups de fil à l'assistance Europcar qui ne peut rien pour nous si ce n'est de nous conseiller de chercher un taxi pour rejoindre Tontouta, et de compter sur une course entre 100 et 150€. Mais ici c'est pas la gare Montparnasse et un Dimanche les taxis courrent pas le parking. Un gars nous dit que y en aura "peut-être un à passer dans une demie-heure".

Heureusement un employé d'Europcar arrive et ouvre son guichet, pas pour nous mais parce que des clients ont reservé une voiture à l'arrivée du vol suivant. Il a donc à dispo une voiture pour eux, et en lui mettant bien la pression il se rappelle qu'il en a une autre toute cabossée en stock au fond du parking. On s'en fout totalement du moment qu'elle roule et on saute évidemment sur l'occasion. D'ailleurs l'état de la Clio qu'on récupère est en fait bien meilleur que celui du Jumper qu'ils nous avaient loué pour faire le tour de la Grande Terre...

Du coup tout est arrangé, on file dans Nouméa pour manger (l'avion pour le Vanuatu n'est qu'à 20h ce soir) et on se refait plaisir au Mac Do du port !



[Photo] Repas Mac Do sur le port de la Moselle


Direction ensuite la péninsule de Nouville à l'Ouest de Nouméa, du côté du port de pêche. Cette presqu'île assez sauvage d'une dizaine de kilomètres de long s'avance dans le lagon et s'achève à la pointe Kuendu qui est une réserve marine. La côte est assez escarpée mais il y a une petite baie abritée, l'anse Kuendu, avec une plage sympa pour la sieste digestive, même si les restaurants et les activités du grand complexe hôtelier à côté attirent beaucoup de monde et qu'il y a donc pas mal de passage.



[Photo] L'anse Kuendu


Une énorme averse nous tombe sur la tête alors qu'on pionce sur la plage, mais comme le gros nuage noir semble assez isolé on se lance dans une petite balade en direction de la pointe, sur un sentier qui longe la côte, avant de repartir sur la route pour rejoindre l'aéroport. Jolis points de vue depuis le chemin...



             [Photo] La pointe Kuendu     [Photo] La pointe Kuendu


En voulant éviter la 4 voies payante pour aller jusqu'à Tontouta (pas de quoi payer le péage de 150 CPF, c'est-à-dire 1€ !) on se paume un peu dans les faubourgs de Nouméa mais on arrive quand même bien en avance à l'aéroport, vers 17h soit 3 heures avant le décollage. On gare la voiture de location sur le parking, et on jette les clés dans la boîte aux lettres d'Europcar car ici aussi tout est fermé vu qu'on est Dimanche.

L'aéroport nous semble bien vide mais on met d'abord ça sur le compte de notre avance sur l'horaire, avant de s'inquièter de ne pas voir le vol Air Vanuatu planifié sur les écrans de contrôle... Catastrophe, l'hôtesse d'accueil nous apprend que le vol est annulé, l'avion d'Air Vanuatu qui fait la liaison avec la Nouvelle-Calédonie est en panne depuis une semaine.



[Photo] L'aéroport de Tontouta désert...     [Photo] L'aéroport de Tontouta désert...


Là c'est un peu la panique parce que l'aéroport est en train de fermer, qu'on a aucun moyen de revenir à Nouméa pour la nuit vu que les clés de la voiture qu'on avait sont inaccessibles au fond de la boîte aux lettres (en fait l'hôtesse d'accueil me fait les gros yeux quand je suggère de crocheter la serrure de ladite boîte) et qu'ici il n'y a absolument rien pour dormir. On fonce au guichet d'Air Calin (la compagnie qui assure les vols internationaux depuis la Nouvelle-Calédonie) où l'hôtesse allait fermer boutique pour lui expliquer notre problème. Elle s'étonne que l'on ait pas été prévenus plus tôt, effectivement on est les seuls passagers en rade les autres devaient être au courant... Les portables ne passaient pas à Ouvéa, mais de toutes façons personne ne nous a laissé de message.

Bref elle nous explique qu'elle ne peut rien faire et que c'est Air Vanuatu qui doit transférer nos billets sur le vol Air Calin de demain soir pour Port Vila, la capitale. Leur bureau est à Nouméa, dans une agence de voyage qui gère plusieurs compagnies desservant la Nouvelle-Calédonie. On retourne voir en catastrophe l'accueil de l'aéroport qui était en train de baisser le rideau, l'hôtesse parvient à joindre un loueur de voiture qui se pointe un quart d'heure plus tard et nous propose une Twingo à prix modique jusqu'à demain soir. Le gars est plutôt sympa et nous réserve même par téléphone un hôtel dans Nouméa, sur la baie des Citrons.

Reste à se retaper les 50 bornes en sens inverse, maigre consolation alors que le moral est au plus bas dans la voiture (on commençait à saturer de la Nouvelle-Calédonie et étions tout excités de partir à l'aventure au Vanuatu, alors forcément bonjour la désillusion) on a droit au coucher de soleil sur la route...



             [Photo] Sur la route entre Tontouta et Nouméa     [Photo] Sur la route entre Tontouta et Nouméa


Une fois revenus dans Nouméa à la nuit tombée, dans l'ordre on tire de l'argent puisqu'on a toujours pas un franc pacifique sur nous mais que maintenant on va en avoir besoin, on dépose les affaires à l'hôtel Beaurivage plutôt sympa et bien situé juste en face de la baie des Citrons, puis direction un des cyber-cafés du coin pour prévenir notre hébergement au Vanuatu de pas nous attendre ce soir et en profiter pour envoyer quelques mails de nouvelles, désabusées, à tout le monde.

On va ensuite voir à quoi ressemble les "roulottes" du port de la Moselle, des camionnettes qui préparent des plats à emporter comme dans le centre-ville de Papeete à Tahiti. On opte pour un repas chinois qu'on ramène dans la chambre d'hôtel pour se poser peinards et enfin souffler après cette fin de journée stressante au possible...




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Lundi 20 Octobre

Glandouille à Nouméa et arrivée à Port Vila



Ce matin la mission est de choper deux places sur le vol Nouméa - Port Vila assuré par Air Calin ce soir pour rejoindre le Vanuatu... Alors on perd pas de temps et on fait l'ouverture de l'agence en centre-ville qui gère les vols Air Vanuatu et nous a été indiquée hier par l'hôtesse à l'aéroport de Tontouta. La fille semble halluciner en voyant le dossier de nos vols, apparemment c'est un souk monstre.

Petit vent de panique quand elle nous demande comment on compte rentrer des îles Cook parce qu'il n'y a pas de billet d'avion de réservé pour revenir en France... Finalement elle découvre un deuxième dossier de réservation, mais nous fait comprendre que notre agence de voyage en France a un peu fait n'importe quoi. Et en plus on risquait pas d'être prévenus de l'annulation du vol, ils n'avaient renseigné aucun contact pour les billets en cas de problème !

Elle nous demande de revenir un peu plus tard pour récupérer les billets pour ce soir, normalement ça devrait être bon. M'enfin on soufflera vraiment quand on les aura en main... En attendant on marche jusqu'à la place des Cocotiers pour prendre un bon petit-déjeuner au café auquel on s'était déjà posé la semaine passée et dont le nom nous avait fait marrer : le fameux Pandanus !



[Photo] Le café Pandanus sur la place des Cocotiers


Après le petit-déjeuner avec des croissants frais et le journal pour se tenir un peu au courant des actualités, on retourne à l'agence Air Vanuatu où l'on récupère comme promis nos billets pour le vol de 19h ce soir transférés sur l'autre compagnie. Gros ouf de soulagement !

On reprend ensuite la Twingo pour retourner à l'hôtel pour vider la chambre qui doit être libérée avant 11h, même pas le temps de profiter de la piscine extérieure... Puis direction le même cyber-café qu'hier soir pour envoyer des photos et tempérer un peu l'alarmisme du mail précédent, écrit un peu sous le coup du vol annulé. On s'arrache un peu les cheveux vu la lenteur de la connexion, mais comme on a eu la bonne idée de réduire la taille des clichés directement sur l'appareil photo c'est un moindre mal !

Une fois les mails envoyés, retour dans le centre-ville de Nouméa pour chercher un truc à manger. On opte pour de copieuses salades de nouilles chinoises à emporter qu'on va dévorer sur un banc de la place des Cocotiers...



[Photo] Dans les rues de Nouméa     [Photo] Dans les rues de Nouméa


Pour le dessert c'est crêpe, gauffre et cafés au kiosque de la place... Bon par contre on se fait bombarder par des genre des grosses cosses dures remplies de graines qui tombent des arbres à cause du vent qui s'est mis à souffler en tempête, comme tous les après-midi à Nouméa apparemment.



[Photo] Le dessert sur la place des Cocotiers


En milieu d'aprem on se tape encore une fois la route pour Tontouta, on arrive à l'aéroport bien en avance mais on veut prendre aucun risque... L'avion est bien annoncé à l'heure prévue, on fait passer le temps dans le petit aéroport en jouant sur les DS, en scotchant sur les panneaux explicatifs de la faune et des coquillages locaux, ou en feuilletant des mags dans la minuscule librairie. Et ce coup-ci on attend le dernier moment pour jeter les clés de la voiture de location dans la boîte aux lettres !

On embarque enfin pour le Vanuatu alors que le soleil se couche, qu'est-ce-qu'on a pu attendre ce moment-là...



[Photo] Les coquillages de Nouvelle-Calédonie             [Photo] Coucher de soleil depuis l'aéroport de Tontouta


Le vol jusqu'à Port Vila dure une heure et demie, rien à signaler si ce n'est que le stewart nous rembarre quand on lui demande un rhum coca pour l'apéro... Atterrissage sur l'île d'Efate, ça y est on y est ! On change quelques Euros à un taux d'escroquerie pur et simple, pour avoir un minimum de Vatus et payer le trajet jusqu'à notre hébergement sur les hauteurs de Port Vila, dans un quartier qui s'appelle Anabru...

On tombe sur un taxi qui parle assez bien français, il nous dépose sans souci devant l'hôtel après avoir discuté tout le trajet. On fait connaissance avec le Vanuatu et ses routes pas toujours goudronnées... Heureusement qu'on est dans la capitale ! Ici les courses sont tarifées forfaitairement par le gouvernement donc pas de risque d'escroquerie, le prix est fixe.

L'accueil de Jenifa la jeune réceptionniste de l'Anabru Pacific Lodge est plutôt chaleureux, surtout après celui à Ouvéa qui nous a laissé un souvenir assez froid, elle ne parle pas français mais c'est pas très grave. En fait de chambre c'est carrément un appartement entier qu'elle nous fait visiter, un salon immense, une cuisine, une salle de bain et une terrasse avec un salon de jardin. Et une corbeille pleine à ras bord de mangues et de bananes sur la table !

Vu qu'on comptait à tort sur le repas du soir dans l'avion, on se prépare en vitesse une platrée de pâtes bolo avec les quelques provisions qu'on a heureusement gardé au fond d'un sac, et zou au pieu.




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Mardi 21 Octobre

Port Vila, plongée à Hideaway Island et kava dans un nakamal



Petit déjeuner à l'appart avant de descendre en ville, en "bus". En fait ce sont des minivans privés qui prennent les gens sur le bord de la route quand ils font signe et les emmènent là où ils veulent, pour un prix fixe et dérisoire de 100 Vatus (environ 60 centimes) la course. Comme le chauffeur dépose les gens à peu près dans l'ordre dans lequel ils montent et que notre van est bien rempli, on a droit à un petit tour dans Port Vila avant d'arriver en centre-ville là où on voulait aller. Du coup on fait connaissance avec le coin, en fait très peu de routes sont goudronnées et la plupart complètement défoncées, les habitants d'ici (les ni-Vanuatu) sont très souriants et typés Mélanésiens, la peau très sombre et les cheveux crépus.

Leur langue (officielle, car il y a un nombre incalculable de dialectes au Vanuatu) est le bislamar, à consonnance anglaise dont les mots d'usage courants sont faciles à retenir : plis pour dire s'il te plait, tankyu pour merci, gudmoning pour bonjour, wan, tu, tri pour compter... Nous on parle en anglais et ça passe très bien.

Le centre-ville de Port Vila est tout petit, tous les commerces (dont beaucoup de banques, le Vanuatu est un paradis fiscal) sont regroupés de chaque côté de la Lini Highway, la route principale qui traverse la ville en longeant la baie. On change un gros paquet d'argent avec nos chèques de voyage, notre budget pour Efate et ensuite à Tanna, puis petit tour au marché, il est génial ! Des fruits et des légumes partout, stockés dans des paniers en feuilles de palmier, des plats cuisinés, des fleurs, et beaucoup d'animation. En fait le marché est ouvert jour et nuit sans interruption du lundi matin au vendredi soir, avec toujours de l'activité...



[Photo] Le marché de Port Vila     [Photo] Le marché de Port Vila     [Photo] Le marché de Port Vila            

             [Photo] Le marché de Port Vila     [Photo] Le marché de Port Vila     [Photo] Le marché de Port Vila


On cherche un scooter à louer pour pouvoir sortir un peu de la ville, c'est pas très répandu et on en trouve qu'un seul, impossible de comparer avec une éventuelle concurrence... Le gars nous file pour 24 heures un scoot bien défoncé pour un prix qu'on tente de négocier mais qui reste assez exhorbitant au vu de l'état de la machine. Mais au moins on a un moyen de locomotion, par contre la pluie se met à tomber quand on démarre... On se faufile dans les embouteillages du centre-ville pour remonter à l'hôtel, mais le scooter est tellement fatigué qu'il est incapable de grimper la côte avec nous deux dessus. Lapinette doit monter à pied, en tout cas on fait bien rire les gens sur le bord de la route !



[Photo] Notre scooter devant la baie de Vila


A l'hôtel (qu'on a eu un peu de mal à retrouver sans plan du coin...) on embarque les masques et les palmes dans les sacs à dos, et un pique-nique acheté à l'épicerie juste à côté. On fait la connaissance de Claude l'autre réceptionniste qui parle un français impeccable et qui est d'accord pour nous emmener ce soir dans un nakamal, c'est-à-dire un bar à kava, la boisson coutumière aux effets psychotropes dont on ne sait pas grand chose. Jenifa elle revient de l'école et nous demande "si on est bien les Nicolas et Coralie de son livre de français" ? Comme on comprend pas trop ce qu'elle raconte, elle nous explique qu'au Vanuatu les enfants apprennent le français comme langue étrangère, avec un livre dont les personnages s'appellent comme nous... Ca nous semble assez incroyable, mais maheureusement elle n'a pas le livre sur elle pour qu'on puisse vérifier !

Après avoir vérifié que le temps semblait s'améliorer on reprend le scooter pour rejoindre Hideaway Island, un ilôt un peu à l'écart de la ville où il faut payer un droit d'entrée mais qui est réputé pour la plongée avec notamment une boîte aux lettres sous-marine. Une fois sortis de Vila c'est tout de suite la brousse, on fait une dizaine de kilomètres en scoot sur la route défoncée avant d'arriver au petit quai où un petit bateau fait traverser les gens qui veulent se rendre sur l'île Hideaway. Au bord de la route toutes les personnes que l'on croise nous font des grands sourires et des signes amicaux, ça c'est de l'accueil !

La traversée est très courte, l'île n'est pas très loin de la côte. Une fois sur place on paye 1000 Vatus pour entrer, ce qui nous donne accès à la petite plage de corail et aux quelques transats. Il y a aussi un petit snack et un centre de plongée. Il n'y a pas grand monde, seulement quelques touristes Australiens à se faire bronzer. Lapinette se pose un peu pour les imiter pendant que je fonce à l'eau...



[Photo] Lapinette sur la plage à Hideaway Island


La mise à l'eau est pas des plus simples, le bord de la plage est un amas de coraux morts (assez douloureux pour les pieds !), bien pentu puisqu'à 3 mètres de la plage on a déjà plus pied, et il y a des vagues. Il y a un genre d'escalier en bois qui simplifie un peu les choses...

Sous l'eau y a du monde, des poissons partout ! La visibilité n'est pas extraordinaire, mais dès qu'il y a un rayon de soleil le récif qui longe la plage s'illumine... Je trouve sans trop de mal la fameuse boîte aux lettres sous-marine, fixée à 3 ou 4 mètres de fond et à côté d'un genre de kiosque qui a peut-être servi à la vente de cartes postales par un guichetier-plongeur équipé de bouteilles. Je ne vais pas trop loin pour cette première exploration, mais la profondeur semble augmenter assez rapidement en s'éloignant du rivage et le fond n'est vite plus visible. D'ailleurs le coin a l'air propice aux baptêmes et passages de niveaux pour la plongée, je croise plusieurs hommes-grenouilles qui remontent des profondeurs.



[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island

[Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island     [Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island

[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island


Lapinette vient me rejoindre pour explorer le coin, on se balade autour des patates de corail et au milieu des habitants des lieux, plutôt curieux !

Alors qu'elle est retournée se faire dorer sur la plage, je pousse un peu plus loin et tombe en plein sur un banc de barracudas en vadrouille ! Pas très gros, une grosse cinquantaine de centimètres, mais plutôt nombreux et en rangs serrés. J'ai quand même une petite hésitation avant de venir les voir de plus près, ces poissons-là ont pas vraiment une réputation de paisibles herbivores... Mais ils semblent tranquilles et pas du tout agressifs, et même trouillards vu qu'ils se barrent quand j'essaie de les prendre en photos.



[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island

[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island

[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] Plongée à Hideaway Island


Pique-nique le midi sur la petite plage, il y a quelques gros nuages à passer et de temps en temps une averse qui nous oblige à un repli tactique sous les arbres. Retour dans l'eau à chaque éclaircie !

Avec Lapinette on cherche à retrouver les barracudas que j'ai vu tout à l'heure, et on finit effectivement par tomber dessus alors qu'on s'est bien écartés de la plage et qu'il commence à y avoir pas mal de fond en-dessous. On croise aussi un gros baliste et des nuages de poissons-demoiselles.



             [Photo] Des anémones et leurs poissons-clowns     [Photo] Un baliste     [Photo] Les poissons-demoiselles

[Photo] Lapinette en plongée à Hideaway Island     [Photo] Le banc de barracudas     [Photo] Le banc de barracudas            


Pour la dernière plongée (ça doit être ma cinquième ou sixième de la journée !) on achète une carte postale étanche au bureau d'accueil de l'îlot, en fait une simple carte plastifiée sur laquelle il faut écrire avec une mine graphite. L'heureux destinataire tiré au sort sera Greg, au prix unitaire des cartes ça serait assez compliqué d'en envoyer à tout le monde...

On se prend en photo à tour de rôle en train de mettre la carte dans la boîte, belle performance de Lapinette car elle est quand même à plus de 3 mètres de profondeur... Je me balade dans le guichet sous-marin, Lapinette qui prend les photos m'y croit coincé et panique un peu en ne me voyant pas en ressortir, en fait je suis sorti par l'autre côté pour remonter respirer mais elle ne m'a pas vu !



[Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island     [Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island     [Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island

[Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island     [Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island

[Photo] Plongée à Hideaway Island     [Photo] La poste sous-marine à Hideaway Island     [Photo] Un baliste


Départ de l'île en milieu d'aprem pour aller découvrir les environs de Port Vila, petite frayeur une fois revenus au quai le scooter ne veut pas démarrer. En pleine brousse et à 10 kilomètres de la ville, y a plus réjouissant... J'en viens à bout après un quart d'heure à m'énerver sur le kick (en tongs, ou comment se bousiller le pied) et on reprend donc la route vers la capitale, accompagnés au début du chemin par toute une classe d'enfants qui sortent de l'école et qui courent à côté du scooter en rigolant. On fait la course, on tape dans les mains, bref un super moment, on a vraiment l'impression que y a pas énormément d'Occidentaux à venir dans le coin !

On traverse Port Vila pour jeter un oeil au lagon d'Erakor, quelques kilomètres après la sortie de la ville (avec des montées qui mettent au supplice notre machine), il y a au milieu un ilôt avec un hôtel de luxe et un restaurant qui semble avoir bonne presse dans le Lonely Planet et à des tarifs pas du tout prohibitifs malgré l'emplacement de choix. Un bateau fait la navette entre l'île d'Erakor et la côte, 24 heures sur 24, on se le garde sous le coude pour ce soir...



[Photo] La baie de Port Vila     [Photo] Lapinette au bord du lagon d'Erakor     [Photo] Lapinette au bord du lagon d'Erakor


Retour à Anabru, pendant que Lapinette se repose à l'appart je vais faire un tour à l'épicerie pour le goûter, je tombe sur le proprio de l'hôtel qui est archi bavard, impossible de s'en débarrasser... J'apprends quand même plein de trucs, après faut faire la part de vrai : le coin d'Erakor où on voulait aller au restaurant ce soir est un coupe-gorge, la meilleure table de Port Vila est celle du yacht club, il faut pas mélanger alcool et kava sinon on fait direct un arrêt cardiaque, et sur l'île de Tanna les gens sont tout nus et la terre tremble en permanence ! Il me file même des disques de musique locale, plutôt sympa donc mais vraiment collant.

En début de soirée on retrouve Claude qui nous emmène comme prévu à la recherche d'un bar à kava. On a pas à aller loin, dans la rue complètement noire sans éclairage les nakamals sont signalés par une petite lanterne de couleur. Et en fait il y en a tous les 50 mètres, ça ressemble à des grandes cabanes en bois construites au fond des jardins chez les gens. On rentre dans le plus proche à quelques pas de l'hôtel, une toute petite ampoule sous le comptoir au fond de la pièce comme seule lumière, il faut un peu de temps pour s'habituer à l'obscurité. Le sol est en terre, et il y a un banc de chaque côté. On est tout seuls dans le bar, Claude appelle le "barman" et nous explique ce qu'on doit demander.

Avec Lapinette on prend donc chacun une tasse de kava, que le barman remplit en prenant nos deux piècettes et sans nous adresser le moindre mot en les plongeant dans un saladier contenant de la fameuse mixture. Claude elle-même n'en prend pas et nous dit n'en avoir jamais bu, la coutume interdit la consommation du kava aux femmes ni-Vanuatu, mais y a pas de problème pour Lapinette. Elle nous explique que le kava c'est en fait le jus de la racine d'une variété de poivrier, issu selon la coutume de leur mastication par les femmes. Ce rituel est pratiqué sur la plupart des îles du Vanuatu, mais ici à Port Vila les racines sont normalement broyées mécaniquement. Du moins on croit...

On s'assoit dans un coin pour avaler notre breuvage, mais comme Claude est morte de rire on se demande vraiment ce que contiennent nos petits bols de cette mixture marron. On boit notre tasse d'un trait, c'est pas bon à proprement parler... Amer, et ça anésthésie instantanément la bouche. Lapinette doit même demander un verre d'eau pour essayer de faire passer le goût !

En fait d'effets psychotropes c'est surtout une sensation de relaxation et d'endormissement qui suit l'absorbtion du kava, proportionnelle à la quantité bue mais on ne prend pas de deuxième tasse pour vérifier. On discute dans la pièce pendant une bonne demie-heure, bien que normalement il ne faille pas parler mais Claude est bavarde ! Elle nous raconte qu'elle vient de Tanna, l'île avec le volcan en activité où l'on part demain, et qu'elle a été élevée à Port Vila par un couple de Français, d'où sa maîtrise de la langue... De temps en temps des hommes rentrent, prennent un bol de kava et vont se poser dans un coin de la pièce sans dire un mot mais en se raclant la gorge et en crachant par terre. L'ambiance obscure qui règne dans le nakamal est vraiment très très spéciale, impossible à retranscrire...

Une fois qu'on a récupéré, on prend le scoot pour descendre en ville sur les petites routes dans le noir complet. Heureusement contrairement à ce qu'on avait cru comprendre du loueur, les phares marchent ! On opte pour le restau conseillé par le patron de l'hôtel, The Waterfront Grill qui comme son nom l'indique est juste au bord de l'eau, sur la baie de Vila. Petite inquiètude pour le porte-monnaie quand on y rentre sans avoir trouvé la carte, ça fait assez chic mais le cadre est super sympa avec les tables juste en bordure du lagon et abritées sous des toits en palmier.



[Photo] Diner au Waterfront à Port Vila     [Photo] Diner au Waterfront à Port Vila     [Photo] Diner au Waterfront à Port Vila     [Photo] Diner au Waterfront à Port Vila


Finalement les prix sont très raisonnables, musique douce, coktails et bière extras. On se fait péter le bide, Lapinette avec un énorme filet de mahi mahi et moi avec un monstrueux T-bone steack, la pièce de viande locale qui est en fait une côte de boeuf ne tenant même pas dans mon assiette. Bananes frites en dessert, un chouette diner romantique ! En rentrant à l'appart (avec la montée de la côte à pied pour Lapinette puisque le scooter n'est pas en meilleure forme que ce matin) on se prend une averse sur la tronche mais on retrouve l'hôtel sans problème à travers les rues sombres d'Anabru...




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Mercredi 22 Octobre

Tuluk de Mele au marché et début des aventures à Tanna



Petit déjeuner avec le pain frais de l'épicerie voisine, puis on descend en ville pour rendre le scooter et faire quelques achats avant de partir pour l'île de Tanna en début d'après-midi. En bas de la côte dévalée à travers les quartiers des hauteurs de Port Vila, on rejoint la route principale qui longe la baie en direction du centre-ville. Comme il fait enfin beau les couleurs du lagon ressortent un peu plus qu'hier...



[Photo] La baie de Port Vila     [Photo] La baie de Port Vila


Il y a deux marchés à Vila, celui aux fruits et légumes où l'on a fait un tour hier, et un peu plus loin en longeant le bord de mer il y a le marché aux vêtements et des échoppes de souvenirs. On rend donc le scooter au loueur à l'heure prévue et on part se balader dans la rue principale pour faire les boutiques. Stupéfaction devant les agences immobilières, il y a des îles paradisiaques à vendre !

On achète un paréo pour la déco dans une petite boutique du centre-ville puis grâce aux indications de Claude on finit par trouver dans un genre de pharmacie du kava en poudre, juste à mélanger avec de l'eau pour préparer la mixture.



[Photo] Les annonces insolites d'une agence immobilière


Avec nos deux précieux sachets de kava déshydraté au fond du sac, on prend ensuite la direction du marché "de tout ce qui ne se mange pas" à l'entrée de Port Vila...

Recherche infructueuse des fameux étuis péniens qu'on avait promis de ramener, tout juste quelques soutien-gorges faits avec des demies noix de coco (on trouve les mêmes en France dans n'importe quel magasin de déguisements). Lapinette déniche un genre de sac à main sur lequel on peut lire Vanuatu et fait en feuilles de palmier tressées, mais sinon c'est plutôt décevant toutes les échoppes proposent le même étalage de tee-shirts très moches et estampilés Tusker, la marque de bière locale.



[Photo] Le marché aux paréos de Port Vila     [Photo] Le marché aux paréos de Port Vila     [Photo] Le marché aux paréos de Port Vila            


En fin de matinée on revient à pied vers le centre-ville pour trouver à manger à l'autre marché, en longeant l'esplanade qui borde la baie, et où sont concentrées les activités pour les touristes. C'est rigolo de trouver ici des châteaux gonflables, des survols de la baie en hélico ou encore des locations de bateaux de course, dans une ville où quasiment seule la rue principale est goudronnée...



             [Photo] La baie de Port Vila     [Photo] La baie de Port Vila     [Photo] La baie de Port Vila


A l'heure de midi le marché du centre-ville est en pleine activité, à croire que tout Port Vila vient manger ici. En plus d'un choix invraisemblable de fruits et légumes, il y a énormément d'étalages de plats à emporter, un peu partout des marmites fument, les femmes font frire du poisson dans des grandes poêles, et il y a aussi des gamelles de riz à toutes les sauces ! On voit aussi des genre d'immenses tourtes de poisson, découpées en pavés et présentées sur des feuilles de bananiers. Beaucoup de gens en achètent mais ça nous freine un peu de voir les nuées de grosses mouches qui viennent s'y poser et avec qui les marchandes bataillent en permanence.

La plupart des gens mangent assis sur des bancs, leur assiette ou leur feuille de bananier sur les genoux ou sur des petites tables en bois placées au milieu des allées du marché. Sacrée ambiance, et pas facile de faire son choix parmi tant de trucs qui sentent aussi bon...



[Photo] Les légumes du marché     [Photo] Les plats à emporter au marché


En fait on cherche un plat particulier, conseillé par Claude à l'hôtel : le tuluk de Mele (prononcer "toulouk de Mélé"), à base de chou mais on en sait pas plus à part que c'est préparé par les habitantes de Mele, un village à quelques kilomètres de Port Vila, d'où le nom. Comme on a aucune idée d'à quoi ça peut bien ressembler, on se fait indiquer par une marchande où en trouver. Elle nous montre un groupe de vendeuses au milieu du marché, qui attendent les clients derrière leurs caisses entourées de tissu pour garder le plat au chaud. On demande donc conscienceusement "tu tuluk de Mele plis" à la première vendeuse, qui pioche les morceaux dans sa boîte et nous les emballe dans des feuilles de bananier sans qu'on ait pu voir l'apparence de la chose. Le prix est dérisoire, 100 Vatus la part.

On va goûter ça assis sur un banc à l'entrée du marché, c'est en fait un genre de ragoût de boeuf entouré de pâte de chou. Première constatation c'est un vrai délice, deuxième constatation c'est archi consistant. Lapinette est rassasiée avec sa part, moi je retourne chercher un peu de rab chez la vendeuse, qui est toute contente de voir qu'on s'est régalés !



[Photo] La marchande de tuluk de Mele     [Photo] Le tuluk de Mele     [Photo] Le tuluk de Mele     [Photo] Le tuluk de Mele


Repus, on attrape un minivan qui attend des clients pour remonter à Anabru. Le chauffeur est plutôt bavard et nous laisse sa carte pour qu'on le rappelle quand on voudra rejoindre l'aéroport en début d'après-midi. On a une petite heure pour se poser à l'appart et boucler les sacs, le proprio collant croisé par hasard en faisant des stocks de gateaux et de coca à l'épicerie veut venir boire sa bière chez nous "pour discuter" mais une averse diluvienne (et bienvenue...) l'en empêche !

Le temps s'est complètement détraqué depuis ce matin et le déluge n'en finit pas, on se fait doucher comme il faut en rejoignant le minivan devant l'hôtel. Finalement c'est pas le même chauffeur que tout à l'heure puisque la serviable Claude nous a attrapé ce bus-là qui passait.



[Photo] Déluge à l'hôtel     [Photo] Déluge à l'hôtel


A Port Vila l'aéroport domestique pour les vols inter-îles du Vanuatu et l'aéroport international sont côte à côte, contrairement à la Nouvelle-Calédonie où ils étaient espacés de 50 kilomètres. On a donc aucun souci pour trouver le comptoir où s'enregistrer, d'autant qu'il n'y en a qu'un seul... Par contre il faut payer une taxe administrative de 200 Vatus par personne pour les vols intérieurs.

Le tout petit avion Twin Otter qui doit nous emmener jusqu'à Tanna, à une heure de vol, peut quand même embarquer une vingtaine de passagers mais semble un peu léger pour affronter les grains que laisse présager le ciel sacrément noir au-dessus d'Efate ! M'enfin le décollage se passe bien, le pilote et son co-pilote juste derrière lesquels on est assis avec Lapinette semblent très relax (ils passent leur temps à manger ou à lire leur journal !) donc on stresse pas trop même si la porte de séparation avec le cockpit se disloque à chaque secousse, reflétant un peu l'état général de la machine...

Il fait chaud dans la carlingue et on assiste depuis notre siège à une scène hallucinante, le pilote qui baisse sa vitre en plein vol pour aérer, exactement comme s'il conduisait une voiture... De ma place je vois l'altimètre : 9000 pieds, soit à peu près 3000 mètres au-dessus de l'océan.



[Photo] Le Twin Otter d'Air Vanuatu     [Photo] En vol pour Tanna     [Photo] En vol pour Tanna


En débarquant dans le minuscule aérodrome de Tanna on prie pour que les proprios de notre hébergement à l'autre bout de l'île soient bien venus nous chercher, parce que sinon c'est le drame on est effectivement en pleine brousse. Et évidemment dans la salle d'arrivée où les locaux attendent les passagers en tenant une petite pancarte, on ne voit personne avec marqué "Relais de la baie des Tortues"...

Finalement on découvre au dehors Maurice, la soixantaine énergique, le propriétaire du relais. Avec sa femme ce sont les deux seuls Français de l'île, et avec deux couples d'Australiens installés ailleurs sur Tanna ce sont même les seuls Occidentaux. On monte donc dans son vieux 4x4, et quand il nous explique que sur l'île il n'y a que des pistes et pas de route, qu'il a dû partir ce matin de chez lui pour venir nous chercher en milieu d'après-midi à l'aérodrome, on comprend qu'on part vraiment pour deux jours d'aventure (et aussi que vu les secousses on va arriver bien défoncés au relais à une soixantaine de kilomètres de piste d'ici) !

Quelques kilomètres après l'aérodrome et en ayant évité pas mal de cochons en liberté qui courent dans tous les sens le long du chemin, on traverse Lenakel, la seule "ville" de toute l'île, avant de s'engager dans la jungle et la montagne pour rejoindre l'autre côté de l'île. La piste est vraiment très défoncée, avec souvent des passages assez délicats quand l'eau de pluie a raviné la pente. Après une heure et demie chaotique on atteint la crète qui sépare les deux versants de l'île, avant de plonger dans la descente et le brouillard qui enveloppe le secteur.

On finit par déboucher au pied du Yasur, au milieu de la plaine de cendres crachées par le volcan. C'est un vrai désert, Maurice nous explique qu'il est plutôt content d'arriver ici avant la nuit qui commence à tomber car c'est difficile de suivre les traces et de retrouver son chemin avec la seule lumière des phares. Effectivement il y a un passage délicat, une rivière à franchir où il vaut mieux pas s'engager dans la traversée en dehors du gué. En tout cas on est tout de suite dans le bain et on se sent très très loin de la civilisation !



[Photo] Sur la piste au pied du volcan Yasur     [Photo] Sur la piste au pied du volcan Yasur     [Photo] Sur la piste au pied du volcan Yasur     [Photo] Sur la piste au pied du volcan Yasur


Après plus de deux heures de trajet et une fin de piste démente à travers la jungle côtière, on arrive enfin au relais, coincé au bord de l'océan entre un petit lagon et la montagne. Bonjour l'isolement, d'ailleurs Gillian la femme de Maurice nous accueille d'un approprié "bienvenue au bout du monde !"...

Notre bungalow est plutôt sympa, des simples murs en bambou, des ouvertures un peu partout devant lesquelles on peut tirer des rideaux, un toit en palmier et des tapis tressés posés à même le sol. Une petite douche dans un coin sur un matelas de corail pilé, naturellement chaude grâce à la proximité du volcan (en fait l'eau de la source est même refroidie avant d'arriver au bungalow, elle sort de terre à 60 degrés!). Et un grand lit avec une moustiquaire, bref dans un tel coin perdu on est bien installés. Il y a même l'électricité à certains moments de la journée et jusqu'à 9h le soir, produite par un groupe électrogène.



[Photo] Le relais de la baie des Tortues     [Photo] Notre bungalow


On se repose un peu avant d'aller prendre l'apéro puis le repas au bungalow principal où Maurice et Gillian nous attendent autour d'un bon feu ainsi qu'un couple d'amis à eux, également des Français, venus passer quelques jours au relais. Ils nous racontent comment ils ont décidé de s'installer ici pour fuir la civilisation, comment ils tout bâti eux-mêmes avec les matériaux pris dans la forêt, et puis la vie ici, où rien n'a l'air simple.

L'approvisionnement en denrées autres que fruits et légumes se fait uniquement à Lenakel de l'autre côté de l'île, les gens d'ici ne voient pas d'un très bon oeil les étrangers qui s'installent ici et ils ont pas mal de problèmes avec les locaux même après pas mal d'années et même si certains d'entre eux sont employés au relais, il y a les cyclones qui arrachent tout (le relais avait été complètement rasé il y a quelques années, ils ont tout recommencé), provoquent des glissements de terrain et coupent les pistes pour plusieurs semaines.

L'absence de centre de soins ou même de médecin donne à la moindre blessure une potentielle gravité (il faut compter plusieurs jours pour être rappatrié à l'hôpital "sûr" le plus proche, celui de Nouméa), sans compter les maladies : Gillian elle-même a attrapé le paludisme, et la moitié des habitants du village voisin souffrent de la tuberculose. Avec Lapinette on se félicite d'avoir fait notre éventail de vaccins avant de partir, et de s'être procuré de la Malarone, un anti-paludéen que l'on prend chaque jour depuis notre arrivée au Vanuatu...

A propos du volcan tout proche (le Yasur est à une petite dizaine de kilomètres du relais) les vrais tremblements de terre sont rares mais pendant la soirée on entend quand même de temps en temps les explosions dans le cratère. On planifie la montée pour demain matin, ça sera moins impressionnant que de nuit mais c'est le seul créneau que laissent les nuages qui enveloppent les montagnes, le relief se dégage un peu en début de journée avant que la couverture nuageuse ne redescende et recouvre les pentes du volcan, rendant l'approche trop dangereuse à cause du manque de visibilité pour éviter les projections de lave.